mercredi 21 mai 2008

Sémantique

Cet article du Monde analyse les résultats de plusieurs sondages sur les réformes, résultats pour le moins mitigés, que Jean-François Doridot, directeur chez Ipsos, résume ainsi :
« Il y a un problème sémantique chez les Français entre le changement qu'ils approuvent et les réformes qu'ils redoutent.» « Tant qu'on leur présente les choses de manière abstraite, ils approuvent, mais quand ils en comprennent les effets directs sur leur situation, ils rechignent »

Autrement dit, les français pour foutre dehors tous les étrangers sans-papiers qui viennent égorger nos fils et nos compagnes parasiter notre modèle social, mais sont choqués quand leur voisin de palier, un étudiant pourtant très gentil, est embarqué par la police en centre de rétention. Ils sont pour faire des économies dans la fonction publique, mais contre la fermeture de l'hôpital / du tribunal de leur ville. Ils sont pour l'équilibre des comptes de la sécu, mais n'ont pas envie de ne plus être remboursés pour leurs lunettes. Etc, etc...

Vu comme ça, au premier abord, on pourrait se dire que les français sont un peu cons, tout de même. Et on aurait peut-être pas complètment tort. Mais :

1) Il y a un problème sémantique chez J-F Doridot. On peut très bien être pour le changement, mais contre les réformes scélérates proposées par le gouvernement. Être pour un autre changement. Car une autre réforme est possible.

2) Qui a dit aux français qu'il fallait absolument faire ces changements, les a convaincu que ça ne pouvait plus durer, avant qu'ils réalisent que la réforme les concerne aussi, et leur fera (très) mal ? Est-ce que ce sondage ne révèlerait pas que les français se font avoir, et se font imposer à grands coups de propagande des réformes qu'ensuite ils désapprouvent ? Pourrait-on soupçonner les médias de mentir pour nous influencer et nous pousser à approuver des manoeuvres qui vont contre nos propres intérêts ?

Bref, qui doit-on envoyer au goulag ? Les français, les sondeurs, ou les journalistes ?

3 commentaires:

damien a dit…

oui, ça prouve bien le foutage de gueule généralisé !
et que la politique, ou plutôt les politiciens se foutent bien du peuple.

"Je veux ma place au soleil" se disent-ils tous en choeur, et que les autres se demmerdent avec ce qu'on leur laisse.

Des charognards, des tartuffes, des enfoirés, des fous (etc.), voilà nos politiciens !

Jean-Pierre Martin a dit…

Tous les trois au Goulag !

Léo a dit…

Tout est dans la sémantique. Il suffit qu'on dise "réforme" pour montrer qu'on est au top de la modernité, alors que ces réformes sont un énorme retour en arrière. C'est de la com, tout simplement. Et puis, les Français aiment bien quand ça change, sauf quand ça les concerne.

Comme je le disais, si on voulait, on pourrait réinstaurer la monarchie, il suffirait d'appeler ça "modernisation de la vie politique".