mercredi 13 février 2008

Litote

L'art de la litote manipulé avec virtuosité par libération :
En plein débat sur le pouvoir d'achat des Français, l'information risque d'en agacer plus d'un. Selon une étude HayGroup pour La Tribune, [...], trois PDG français sur quatre (77%) ont vu leur rémunération s'envoler de plus de 40% en 2007.

Avec 5,87 millions d'euros de rémunération en moyenne, les patrons français sont les mieux payés d'Europe, grâce aux stock-options et actions gratuites, qui représentent 2270% du salaire de base, contre 120% en moyenne en Europe.


En effet, plus d'un au politburo en est « agacé ».

Pour gagner 23 fois plus, travaillent-ils 23 fois plus ? Nenni, ils encaissent des stock-options et actions gratuites qui s'ajoutent à leur salaire mirobolant et leurs diverses primes généreuses.

Mais tout le monde sait que les privilégiés, ce sont les profs ; que les profiteurs, ce sont les rmistes ; que ce qui est injuste, c'est les régimes spéciaux de retraites ; que les caisses sont vides et le pays en faillite ; que les cotisations sociales asphyxient nos pauvres entreprises...

Combien de vingtaines d'années de retraite de cheminot peut-on financer avec 5,87 millions d'euros ? Combien de profs peut-on embaucher (au lieu de rappeler les retraités pour une misère, voir ci-dessous) ?

Faut-il rappeler que Philippe Séguin, président de droite de la Cour des Comptes, a signalé qu'on pourrait boucher le trou de la sécu avec les exonérations de charges sociales dont bénéficient les stock-options ? Concrètement, ça veut dire que ces grands seigneurs tapent dans la caisse commune pour se payer des salaires indécents. Et après, on fait payer une franchise médicale aux gueux.

Des têtes se sont retrouvées au bout d'une pique pour moins que ça...

2 commentaires:

o. a dit…

plus ca va, plus le temps prend des airs de carmagnole... ca tombe bien, on vient de nous livrer une nouvelle marie-toinette

Jean-Pierre Martin a dit…

Quand même, il y a une justice !
C'est pas normal que ce soit toujours les pauvres qu'on engraisse avec l'argent des riches qu'ils ont bien mérité.
Et puis, comme on dit chez moi, l'entreprise n'est tout de même pas une oeuvre caritative.