mardi 30 octobre 2007

Étymologie

«La rue, elle ne fera pas plier, parce que nous sommes dans une démocratie»

N. Sarkozy, en slip.



Démocratie : Nom féminin, du grec dèmos, le peuple, et kratos, puissance, souveraineté. Système politique où le peuple ou un organe élu par lui, détient la souveraineté.

Donc, dans une vraie démocratie, si le peuple (la rue) veut quelque chose, le gouvernement (élu par lui et pour lui) se doit de l'écouter. Cette petite phrase du petit homme trahit une bien étrange conception de la démocratie, dans laquelle on n'aurait pas le droit de contredire le gouvernement, et aucune chance d'infléchir sa politique parce que c'est lui qui décide. Ça fait penser à autre chose :

Dictature : Nom féminin, régime politique où un homme seul, parfois un groupe d'hommes plus ou moins étendu (parti, caste, armée, groupe religieux, etc.) exerce le pouvoir, généralement sans limite légale ou constitutionnelle. (d'après wikipédia)

Conclusion : nous ne sommes pas dans une dictature car il y a des limites légales et constitutionnelles aux pouvoirs du président et du gouvernement (noter qu'il compte justement modifier les institutions qui les limitent). Mais on n'est plus vraiment en démocratie semble-t-il (lire aussi chez ehim ce qu'en pense Ken Loach). Un peu entre les deux...

Monarchie : Nom féminin, du grec mono, seul, et archein, pouvoir. Système politique où l'unité du pouvoir est symbolisée en une seule personne, appelée monarque. Elle n'est ni nécessairement une royauté, ni nécessairement héréditaire : il a toujours existé des monarchies électives, par exemple chez les Gaulois. Selon la définition de Montesquieu, une monarchie se définit par le gouvernement absolu d'un seul mais ce pouvoir est limité par des lois. La monarchie est constitutionnelle lorsque le monarque est limité dans ses pouvoirs par une constitution qui établit par écrit des lois fondamentales prévoyant une séparation des pouvoirs. (wikipédia)

Ploutocratie : Nom féminin, du grec ploutos, richesse, et kratos, pouvoir. Système de gouvernement où l'argent constitue la base principale du pouvoir. Cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité sociale. (wikipédia)


En tout cas, dire : «Fermez-la, on est en démocratie», c'est un non-sens. Ça mérite le goulag.

Brève

«L'extrême droite radicale cherche à se fédérer contre Marine Le Pen» (lemonde.fr)
Tandis que l'extrême droite modérée, elle, est rassemblée autour de Nicolas Sarkozy ?

lundi 29 octobre 2007

Effets pervers, acte 2

Après la découverte surprenante des effets pervers de la Loi sur la Récidive par Le Monde (voir notre billet), c'est une autre loi symbolique de la politique sécuritaire de Sarkozy qui ne résiste pas à l'épreuve des faits. Plus précisément, l'instauration d'un délit de racollage passif dans la Loi de Sécurité Intérieure de 2003 prétendait (hypocritement) «nuire à ceux qui mettent des filles et des garçons sur le trottoir pour les exploiter au-delà de toute limite».

On savait très bien que concrètement, ça permettrait juste de virer les putes de beaux quartiers, et de leur ajouter la pression de la police à celle de leurs macs, qui, eux, ne seraient pas inquiétés puisqu'ils ne raccollent pas. Bref, de criminaliser les victimes de la prostitution, et de rendre leur situation encore plus précaire en les repoussant dans des endroits plus glauques. C'est-à-dire de glisser le problème sous le tapis, juste pour que les croquants ne le voient plus. Un enfant de 4 ans comprendrait que si la police verbalise les putes au lieu de traquer leurs macs, ça va pas arranger leurs affaires. Eh bien 4 ans après, libération nous le confirme :
En pratique, alors que les arrestations des personnes prostituées se sont multipliées aucune condamnation pour traite n’est intervenue [...] La loi pour la sécurité intérieure qui se révèle à cet égard inefficace serait même contre-productive, voire criminogène.» Dans le détail, la loi Sarkozy a abouti à davantage de violences, «en particulier de la part des agents de police», selon les associations de prostitué(e)s
Grandiose bilan, n'est-il pas ? On en rajoute une couche pour la bonne bouche :
Quant aux victimes de proxénétisme en situation irrégulière ou précaire, elles sont éloignées du territoire, selon les associations de prostitué(e)s, «ce qui ne leur laisse aucune chance de pouvoir faire valoir leurs droits en tant que victimes. […] Certaines ont même pu être éloignées alors que leur proxénète, poursuivi pénalement, n’avait pas encore été jugé.»

Cet exemple est remarquablement symbolique de toute la politique de Sarko depuis 2002. Grands effets d'annonce sur une loi grandiloquente avec des bonnes intentions affichées, tout ça pour se montrer ferme (et accessoirement faire du chiffre sur les affaires élucidées par la police : un délit de racolage passif = 1 affaire, et mate mes stats !) et embrouiller la populace tout en marchant sur les plus faibles. La loi sur la récidive, c'est pareil...

Il serait temps que tout le monde comprenne.

vendredi 26 octobre 2007

Hourra !

Grande nouvelle : l'opposition s'est montrée efficace et pugnace à l'Assemblée Nationale et a réussi à rendre impossible l'adoption d'une loi inique ! Le récit de cet acte de bravoure se trouve sur libération.fr.

De quelle loi s'agit-il ? Du paquet fiscal ? De la loi sur la récidive ? De l'objectif de 25000 reconduites de clandestins à la frontière ? De la "réforme" des régimes spéciaux de retraites ? Du service minimum ?

Vous n'y êtes pas. Il s'agit de quelque chose d'encore plus important pour le PS et le MoDEM.

Le "Nouveau Centre", ou R.E.C.Q.L.S.P.C.L.S. (Rassemblement des Ex-Centristes Qui Lèchent Sarkozy Pour Conserver Leur Siège), n'a pas rempli la condition actuelle pour bénéficier du financement public des partis politiques : avoir au moins 50 candidats aux législatives qui font au moins 1% des suffrages. Il propose donc que cette condition devienne, de manière rétroactive : obtenir 15 sièges de député. Cela lui permettrait de toucher 1,8 millions d'euros de financement public. C'est une magouille lamentable et absolument révoltante. Et ça a le don de sortir de leur torpeur les autres députés, qui craignent que leur parti à eux n'obtienne moins d'argent du coup. De là à les accuser de corporatisme et de s'arcbouter sur leurs privilèges archaïques...

On aimerait les voir aussi motivés contre des lois qui ne touchent pas qu'à leur pognon mais aussi au droit du travail, aux libertés des étrangers, aux prestations sociales, etc, il y a de quoi faire...
Sinon, on pourrait presque finir par croire qu'ils ne se battent que pour eux-mêmes et pas pour le peuple et l'intérêt général.

Pitres...

mercredi 24 octobre 2007

Délit de grosse touffe

Rue89 nous révèle le franchissement d'un nouveau palier dans l'escalade à l'ignominie pratiquée par notre gouvernement dans le cadre de la traque aux clandestins.

Deux jeunes filles ont présenté un «extrait d'acte de naissance de la République Démocratique du Congo [indiquant] qu'elles sont nées en 1991.» Mais c'est bien connu, les noirs sont menteurs et l'administration est peu fiable dès qu'on franchit la Méditerrannée, donc les autorités françaises ne les ont pas crues. Or il est important de savoir si elles sont majeures ou pas. C'est qu'on doit expulser 25000 clandestins cette année, ce serait dommage d'en rater deux... Donc il a été fait procéder à une expertise médicale, à base de radio du poignet (ce qui n'est pas nouveau) et (là c'est une glorieuse innovation) d'un test de puberté ! «En se basant sur la pilosité des aisselles et du pubis, ainsi que sur l'aréole des seins, le médecin a conclu que les deux jeunes femmes étaient majeures», nous raconte Rue89.

En vertu de quoi (on reste pantois devant la précision et la fiabilité de la méthode, critiquée par un rapport de l'Académie nationale de Médecine [1] ), elles sont accusées de faux et usage de faux, «le parquet arguant de l'irrégularité des papiers congolais, en plus de l'entrée et du séjour illégaux sur le territoire» ! Après le délit de sale gueule, voici le délit de grosse touffe.

Imaginez l'examen ! Ces congolaises sont traitées comme des animaux. Même Tintin au Congo, pourtant jugé raciste, n'a pas osé tâter les nichons ou examiner la foufoune des membres de la tribu des Babaoro'm. Par contre, le Capitaine Haddock savait très bien comment traiter ces sinistres «négriers» qui estiment l'âge et la santé des noirs comme on le ferait des chevaux :

( Coke en Stock )

Le politburo, pour sa part, emploierait un langage plus cru...


[1] Extrait de l'article de Rue89 :

« La défense a plaidé que cet examen appronfondi, comme la radio du poignet, ne permettaient pas de déterminer valablement si la jeune femme est majeure. La défense se base notamment sur un rapport de l'Académie nationale de médecine, qui estimait en janvier dernier qu'on a peut-être l'âge de ses os... mais pas avec précision passé 15 ans.

Sollicitée par les ministères de la Justice et de la Santé, l'Académie préconisait en cas de doute l'examen pubertaire. Avant de reconnaître que là aussi: "Il existe cependant des possibilités d’erreur." Le Pr Jean-Louis Chaussain, auteur du rapport, confirme que, "sans échographie, le seul examen du volume des seins ou de la pilosité ne permet pas d'être affirmatif".
»

Et le Pr. Pascal Sevran nous fait remarquer avec son humour si particulier que si on fait ce genre d'examen à des africains de sexe masculin, ils vont tous être déclarés majeurs, vu la longueur de leur organe, hu hu hu.

mardi 23 octobre 2007

QCM

Voyez ce sondage réalisé par CSA pour Le Parisien.
Question :
Vous savez que le Parlement débat de la mise en place d'un test ADN facultatif pour les candidats au regroupement familial. Vous personnellement estimez-vous qu'il s'agit d'une bonne chose parce que cela permet de savoir si les candidats au regroupement familial sont bien issus de la même famille ou d'une mauvaise chose parce que cela est contraire aux valeurs de la société française ?

- 1ère réponse : 47 %
- 2ème réponse : 45 %


Vous savez que 47% des français estiment que les tests ADN pour les candidats au regroupement familial sont une bonne chose parce que cela permet de savoir s'ils sont bien issus de la même famille, d'après un sondage CSA pour Le Parisien. Vous personellement, estimez-vous que nous vivons dans un pays de cons, que les sondages sont vils, ou que les médias sont pourris ?

lundi 22 octobre 2007

Gerbe antipersonelle

RFI nous apprend que :
Le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées françaises (Cema), arrivé ce samedi à Alger, a officiellement remis à son homologue algérien les plans de pose des mines placées par l’armée française aux frontières est et ouest du pays [...]


On apprend donc incidemment que cela fait 45 que la France garde secrète cette information hautement stratégique, et est donc responsable de la mort de plusieurs personnes (l'article en tait le nombre).


Le plus beau reste les raisons de l'offre des plans de pose des mines :
Cette décision française est bien-sûr de nature à détendre l’atmosphère. Elle pourrait aussi ouvrir de nouvelles perspectives de coopération. On pense notamment à la vente d’armes, un sujet qui pourrait bien être à l’ordre du jour de la visite à Alger du président Sarkozy, début décembre.
À ce niveau d'ordurerie, on ne peut même plus commenter, à cause de la gerbe qui nous prend à la gorge.


C'est pourquoi plutôt qu'au Goulag, le politburo préconise d'envoyer nettoyer les zones minées tous les membres des états-majors et les responsables politique ayant participé à la rétention de ces informations. À mains nues bien sûr.